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La vie de l'abeille | L'apiculture

La vie de l'abeille

L'abeille appartient à la famille des hyménoptères, (du grec hymen= membrane, ces insectes étant munis d'ailes translucides et membraneuses), comme la guêpe et la fourmi. Elle vit un peu partout dans le monde, sauf dans les régions où l'hiver est trop froid. Il existe de nombreuses espèces d'abeilles, mais celle qu'on nomme l'abeille à miel porte le nom scientifique d'Apis mellifica (ou Apis mellifera). 
De l'oeuf à l'abeille :

Les abeilles (reine, ouvrières ou faux bourdons) sont toutes issues au départ d'un oeuf minuscule pondu et déposé par la reine dans un alvéole. 

Un oeuf fécondé (femelle), déposé dans une cellule normale et nourri d'une bouillie de pollen et de miel, deviendra une abeille ouvrière. L'oeuf se transforme en larve le 4ème jour, le 8ème jour les abeilles operculent l'alvéole et la métamorphose se poursuit en secret : la larve forme un cocon, puis une nymphe, la nymphe devient chrysalide jusqu'à l'éclosion finale, le 15ème jour. L'insecte ailé, formé, déchire l'opercule, prêt à assumer ses premières fonctions.

D'autres oeufs femelles, déposés dans des cellules royales , sont exclusivement nourris de gelée royale. Ils sont destinés à devenir les futures reines. L'operculage se fait le 6ème jour, la transformation est plus lente : il faudra 21 jours pour que la larve royale donne naissance à une jeune reine, mesurant environ 18 mm. 

Les oeufs non fécondés (mâles) sont déposés dans une cellule normale et recoivent la même nourriture que les larves ouvrières. La métamorphose est encore plus longue : les mâles naissent au bout du 23 ème jour.

Une vie sociale très organisée : 

Comme les fourmis, les abeilles sont des insectes sociaux, elles ne peuvent avoir une existence isolée et ont besoin de vivre en colonie. Une colonie très fortement organisée, toujours composée d'ouvrières, de faux bourdons et d'une seule reine.

 

abeille ouvrière
Les ouvrières sont exclusivement des abeilles femelles, les plus nombreuses de la colonie (environ 30000 à 70000 par ruche). Dans la colonie, où elles travaillent sans répit, elles sont chargées de toutes les tâches inhérentes au bon fonctionnement de la ruche. Mais, contrairement aux fourmis qui n'effectuent qu'une seule tâche spécifique durant toute leur vie, les abeilles les exercent toutes, successivement, au cours d'une vie qui, en moyenne, ne dure que quelques semaines (environ 45 jours). 

 

le mâle ou faux bourdon
Durant les quatre premiers jours de sa vie, l'ouvrière nettoie les alvéoles et entretient la ruche. Du 5ème au 11ème jour, elle est nourrice et gave de gelée royale les larves des cellules royales. Les 11ème et 13ème jours, elle devient magasinière : son rôle consiste à stocker le pollen et le nectar dans les alvéoles et à ventiler la ruche, en agitant très rapidement ses ailes, de manière à y maintenir une température constante. Du 14ème au 17ème jour, les glandes à cire de son abdomen s'étant développées, elle devient cirière et bâtit les rayons. Du 18ème au 21ème jour, elle est sentinelle et monte la garde à l'entrée de la ruche pour en chasser tous les intrus, guêpes, papillons et même faux bourdons. A partir du 22ème jour, et jusqu'à sa mort, elle ira de fleur en fleur récolter nectar, pollen et propolis : elle devient butineuse et apporte la nourriture à la ruche. 

 

la reine des abeilles
Les faux bourdons sont les seuls mâles de la colonie. Au nombre de quelques centaines, il sont plus gros, plus ronds, plus poilus que les ouvrières. Ils sont tolérés au sein de la ruche en tant que "fécondeurs" potentiels de la reine et y vivent au printemps et en été. N'étant pas capables de se nourrir par eux-mêmes, ils sont nourris par les ouvrières. N'ayant pas de dard, ils ne peuvent assurer la protection de la colonie. Ils participent cependant à certaines tâches de la ruche, mais ont surtout pour mission essentielle de féconder la reine.
Seuls quelques uns y parviennent, au cours d'un vol nuptial unique et ... mortel. Car une fois accomplie leur mission de reproducteurs, ils meurent, éventrés par la reine. Dès qu'ils sont sortis de la ruche, les ouvrières ne les laissent plus rentrer, car ils sont considérés comme des bouches inutiles à nourrir; ceux qui sont restés à l'intérieur, sont impitoyablement expulsés et livrés à eux-mêmes. Incapables de subvenir à leurs besoins, ils sont condamnés à une mort prochaine. 
Dans une colonie d'abeilles, il ne peut y avoir qu'une seule reine. Elle naît dans une cellule royale, un alvéole plus grand que les autres, de forme oblongue, construit spécialement par les ouvrières pour y abriter des larves royales. Pour assurer la perennité de l'espèce, la ruche compte toujours plusieurs cellules royales contenant chacune une larve nourrie à la gelée royale et susceptible de devenir reine. 

 

la reine parmi les abeilles
A peine née, la première reine a pour mission de tuer toutes les larves des autres cellules royales, car elle doit règner sans partage sur la colonie. Si une seconde reine vient à naître au même moment, les deux reines se livrent un combat sans merci et c'est la reine victorieuse qui prend le commandement de la ruche. Trois à six jours après sa naissance, la jeune reine s'envole pour un vol nuptial unique où elle va s'unir cinq ou six fois à une dizaine de faux bourdons. Le vol peut se renouveler jusqu'à ce que la spermathèque de la reine- sorte de réservoir à spermatozoïdes- soit pleine. Une fois fécondée, elle rentre à la ruche, où commence sa vie de pondeuse. Elle n'en sortira plus jamais pendant les quatre ou cinq ans que dure son existence et n'aura plus qu'une seule mission, pondre sans relâche, jusqu'à 2000 oeufs par jour ! (soit environ 1 oeuf par minute). Continuellement entourée, protégée, nourrie par les ouvrières, elle est l'objet de tous leurs soins.
D'abord parce que, de toutes les abeilles, elle est la seule à posséder la fonction de procréation, les ouvrières étant stériles. Elle pond à volonté des oeufs mâles ou femelles, selon leur fécondation : des oeufs fécondés produisent des ouvrières, ceux non fécondés donnent naissance aux faux bourdons.  

Ensuite parce que c'est elle qui détermine toute la vie de la ruche. Elle sécrète une substance chimique, appelée phéronome, spécifique à chaque ruche, indispensable à la cohésion sociale. Les abeilles, en touchant et en léchant cette sécrétion, y puisent toutes les informations nécessaires à l'organisation du travail. 

Une morphologie adaptée :
gros plan sur les mandibules
La nature, ne laissant rien au hasard, a créé avec l'abeille un insecte complètement adapté aux différents rôles qu'elle assume au sein de la ruche. 

Ses yeux à facettes, très mobiles et très perfectionnés, lui permettent de voir partout autour d'elle, même derrière. Ses antennes perçées de trous minuscules, lui servent de "nez". Les abeilles sont très sensibles aux odeurs, elles peuvent repérer des sources de nectar lointaines et communiquer entre elles par sécrétions "odorantes".

Sa bouche comprend deux mandibules puissants qui servent à couper, pincer, raboter, façonner les écailles de cire, pétrir la propolis, construire les parois des cellules...L'abeille possède une trompe dotée d'une langue coulissante qui lui permet de pomper au plus profond des fleurs. 
Ses six pattes sont également un outil de travail très perfectionné : les pattes antérieures, munies de petites ventouses lui permettent de saisir le pollen, de s'accrocher à tout support, de nettoyer ses antennes. Les pattes postérieures poilues et creusées comme des cuillers, sont dotées de sacs à pollen, où elle charge et amasse son précieux butin, ainsi que de crochets qui lui permettent de se pendre les unes aux autres pour former un essaim ou une chaîne cirière. L'abdomen contient le jabot, sorte de réservoir où l'abeille accumule le nectar, le miel, le miellat, l'eau, qu'elle peut ensuite rejeter au fur et à mesure de ses besoins. Ses deux paires d'ailes membraneuses offrent une moindre résistance à l'air, lui permettent de voler dans tous les sens, en avant, en arrière et sur le côté, d'être de puissants ventilateurs et de produire des sons particuliers servant de moyen de communication. L'abeille, comme la guêpe, possède un dard, mais elle ne pique qu'une seule fois, en cas d'urgence, pour défendre son territoire et ses réserves : son aiguillon planté arrache une partie de l'abdomen et elle meurt rapidement.
Le langage des abeilles :
Toutes les informations essentielles à l'organisation de la ruche proviennent de sécrétions chimiques, les phéronomes, émises par la reine mais aussi par les ouvrières. Il s'agit de substances messagères qui circulent de l'une à l'autre par la bouche et les antennes et dans lesquelles elles puisent toutes les informations.
Les phéronomes servent par exemple à identifier des lieux - "marquage" de la ruche, repérage des sources de nectar, des lieux d'essaimage, de la reine par les faux bourdons lors du vol nuptial...-, à émettre des signaux d'alarme, à contrôler les réserves de nourriture, à équilibrer la population en régulant la ponte de la reine, à maintenir en permanence la température et l'humidité idéales au sein de la ruche...En outre, les abeilles possèdent entre elles un langage codé d'une extrême précision, celui de la danse : cette danse, exécutée par les abeilles éclaireuses revenues à la ruche, renseigne les autres sur le lieu et la distance d'une source d'approvisionnement . 
La danse en rond concerne une source de butin très proche (moins de 25 mètres). Pour des sources plus lointaines allant jusqu'à une dizaine de kilomètres, la danse frétillante ou danse en huit, aux motifs très compliqués, indique en fonction des oscillations abdominales et des vibrations émises, la direction et la distance du butin à récolter. La direction est exprimée par rapport à la position du soleil; la distance, par le nombre et la vitesse de tours effectués par l'abeille sur elle-même. 

danse en rond

danse frétillante
Un rôle essentiel dans la nature :  

Les abeilles en butinant ont un rôle capital dans la pollinisation, la multiplication des espèces florales et le développement des cultures fruitières. Sans pollen, pas de fruit, et sans abeille, pas de pollinisation ! Les abeilles étant très sensibles à la pollution, il est essentiel pour l'homme et son environnement de respecter cette espèce et de maintenir les conditions favorables à son développement : en évitant par exemple les traitements chimiques nocifs sur les cultures fruitières, la destruction des haies vives qui bordent les champs, riches en plantes mellifères, ou l'abandon de cultures telles que la luzerne ou le trèfle, grandes productrices de nectar.

Citons pour exemple les mots d'Einstein :

"Si l'abeille disparaissait de la surface du globe, l'Homme n'aurait plus que 4 années à vivre; plus d'abeilles, plus de pollinisation, plus d'herbe, plus d'animaux, plus d'hommes..." 

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